Plus jamais ni nulle part.

 

Phrase1Cette phrase se trouve à l’entrée du Refugi 307 : refuge anti-aérien situé dans notre quartier préféré du moment 😉 : Poble Sec.

refugi1

Un peu d’histoire :

Espagne, 18 juillet 1936. Soulèvement d’une partie de l’armée espagnole commandée par Franco contre le gouvernement de la Deuxième République. C’est le début d’une guerre civile qui se terminera  le 1er avril 1939 avec la défaite de l’armée républicaine.

13 février 1937. Barcelone est bombardée depuis la côte par un bateau italien. Début d’une stratégie de bombardements systématiques contre la population civile.

Naissance de l’urbicide : néologisme créé à partir du terme urbi voulant dire cité et du suffixe cide : tuer, massacrer. Massacre orchestré d’une ville. Objectif : miner le moral de la population et saturer les hôpitaux avec des victimes civiles. Moins de ressources pour les combattants.

Explication de : urbicide.

Explication de : urbicide.

16 mars 1938, 22h08. Début des bombardements aériens sur ordre de Mussolini, pendant presque 3 jours. Les avions venant de la mer n’étaient pas détectés car, à cette époque-là, les radars n’existaient pas. Résultat : plus de 1 000 morts et blessés.

26 janvier 1939. Les troupes franquistes entrent à Barcelone. Après 3 ans de guerre, les bombardements ont laissé plus de 2 500 civils morts et d’innombrables blessés.

Barcelone devient la cible des bombardements et la population s’organise :

“Atención catalanes, hay peligro de bombardeo, dirigíos a vuestros refugios con calma y serenidad. La Generalitat de Cataluña vela por vosotros.” « Attention catalans, danger de bombardements. Dirigez-vous vers les refuges dans le calme et la sérénité. La Generalitat (le gouvernement) de Catalogne veille sur vous.  »
C’est avec ces mots diffusés à travers la radio que le gouvernement de la Generalitat républicaine alertait la population des attaques aériennes.

Septembre 1936. Création par la mairie de Barcelone d’un 1er Service de Défense Passive Antiaérien en prévision d’une guerre imminente depuis l’air.

Premiers bombardements sur Barcelone. Surtout la nuit.
Installation de sirènes pour prévenir la population.

Entre 3 et 5 minutes : à partir du moment où retentit la sirène, temps pour se mettre à l’abri avant la pluie de bombes.

Entre 5 et 6 heures : temps de permanence dans le refuge. La sirène annonçait aussi la fin des bombardements.

Nouvelle tactique pour terroriser la ville : bombarder à intervalles courts et irréguliers. Résultat : la population ne savait pas si les sirènes annonçaient le début ou la fin d’une attaque.

Création de refuges anti-aériens, environ 1 400 dans tout Barcelone. L’Assemblée de Défense Passive de Catalogne (la Junta de Defensa Pasiva de Catalunya) dirige la construction de refuges mais aide aussi les voisins à aménager ceux qu’ils ont créés.

Photos1

Construction de refuges. Plan de Barcelone avec les refuges.

En sortant des refuges, la population découvrait un panorama consternant.

Bombardements et leurs conséquences.

Bombardements et leurs conséquences.

1937. Construction des batteries anti-aériennes sur les hauteurs de la ville dans le quartier du Carmel.

Refuge 307

Ce refuge, conçu pour accueillir 2 000 personnes, a été creusé dans le flanc de la montagne de Montjuic par des hommes âgés de plus de 45 ans (les autres étaient partis au front), des femmes mais aussi des enfants.

L’entrée était ouverte à tous sans distinction d’idées politiques, religieuses ou provenance.

Pas terminé par manque de temps.

Sur le plan initial :

Plan du refuge. Parties en rouge : non construites.

Plan du refuge. Parties en rouge : non construites.

• 3 portes d’accès pour éviter les agglomérations. À partir de la porte, les couloirs sont en zigzag afin d’amortir l’impact des bombardements.
• 3 galeries qui se rejoignent entre elles pour assurer une ventilation correcte du refuge.
• Infirmerie.
• Salle pour enfants.

La réalité :
• 2 portes d’accès.

Une des portes.

Une des portes.

• 2 galeries indépendantes entre elles.

2 tunnels

Galeire1 Galeriea

 

• Infirmerie.
• L’endroit prévu pour les enfants fût utilisé pour y vider les gravats de la construction.

Sallejeux

L’intérieur :
• Galeries d’environ 2 m de hauteur et entre 1,5 m et 2 m de largeur.
• Électricité.
• Quelques bancs.
• Panneaux avec consignes et normes de sécurité : interdiction de fumer, de cuisiner, d’amener des meubles ou des animaux …

Panneau de consignes.

Panneau de consignes.

À l’entrée
• Lettrines.

Lettrine
• Une fontaine pour que les blessés puissent se laver un peu.

Fontaine

Infirmerie
• Dans un recoin, comme une chapelle.
• Espace peint en blanc avec un sol surélevé et des murs vides pour éviter l’humidité.
• Espace réservé aux personnes blessées par les premières bombes ou pendant la course pour arriver au refuge. Pour être mieux installés que les autres.
• Pas de personnel médical car recruté pour les nombreux hôpitaux installés dans toute la ville.

Infirmerie1 Infirmerie2

 

Après la guerre :

Le gouvernement du général Franco a connecté les 2 galeries du refuge par mesure de sécurité et pour y chercher des armes ou des résistants cachés.

Puis, le refuge et les sanglants bombardements firent partie d’une histoire à cacher par le régime franquiste.

Dans ses galeries, les ordures s’y accumulèrent et une partie du refuge fut utilisé comme logement par une famille.

Cheminée construite par la famille.

Cheminée construite par la famille.

Beaucoup plus tard, en 2003 !!! la mairie a récupéré cet espace oublié et l’a ajouté au réseau des musées de la ville.

Le Refuge 307 nous fait prendre conscience des souffrances de la population lors de ce terrible et triste épisode de l’histoire espagnole.

Renseignements pratiques :

Adresse : C/Nou de la Rambla, 169
Téléphone : 932 562 122
Comment y arriver : Métro : L2 et L3 station Paral.lel. Bus : 121, 21 et H16 : arrêt Nou de la Rambla.
Site Internet : http://www.museuhistoria.bcn.cat
E-mail : museuhistoria@bcn.cat
Horaires :
Dimanche : visites guidées de 45 mn à 10h30, 11h30 et 12h30. Places limitées (20 personnes). Réservation obligatoire.
Du lundi au samedi : groupe sur réservation.
Jours fériés : fermé.
Prix : 3,40 €

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2 commentaires pour Plus jamais ni nulle part.

  1. melantho dit :

    La prochaine fois que je viens à Barcelone, j’aimerai beaucoup visiter cet endroit ! Il est chargé d’histoire

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